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23 septembre 2019

De Lima a Cuzco : une ascension progressive entre ocean et deserts

Temps de lecture : 15 minutes

Parce qu’une image vaut mille mots, voici un court résumé vidéo de nos deux semaines au Pérou !

2 septembre 2019, 10h30 : ça y est, nous y sommes ! Après un an de préparatifs intenses, nous nous envolons pour la première étape de notre tour du monde : Lima, la capitale du Pérou ! Elle marque le début d’un périple de trois mois en Amérique du Sud, pendant lesquels nous parcourrons le Pérou, la Bolivie, le Chili, l’Argentine et le Brésil.

Infos pratiques : se déplacer au Pérou

Il existe différents moyens de se déplacer au Pérou :

L’avion

Si vous manquez de temps, des vols internes vous permettront de vous déplacer rapidement entre les trois principales villes du pays : Lima, Arequipa et Cuzco.

Les plus

Avec ses 1,3 million de km2, le Pérou fait deux fois la superficie de la France. Si on y ajoute le relief montagneux et des routes dans un état variable, cette option peut sembler la plus simple pour visiter les sites principaux pendant un court séjour

Les moins

Attention à l’acclimatation ! En atterrissant à Cuzco, vous vous retrouvez sans transition à 3400 mètres d’altitude (2300 mètres pour Arequipa)… L’adaptation peut être difficile et vous risquez d’être confronté au mal des montagnes, mieux vaut prévoir une journée sans activité pour s’y faire. Par ailleurs, les paysages péruviens sont sublimes : la route est un excellent moyen de les découvrir dans toute leur diversité ! Enfin, le bilan carbone… Mais ça, on ne vous apprend rien.

La voiture

Plus rapide que le bus, elle vous permet d’apprécier les paysages tout en gagnant en temps de trajet. En revanche, la location de voiture personnelle est fortement déconseillée au Pérou… Et on comprend pourquoi !

  • D’abord, une voiture louée au Pérou doit être rendue au Pérou : si vous voulez passer la frontière bolivienne par exemple, il vous faudra donc rendre votre voiture dans une grande ville près de la frontière et terminer en bus… Pas forcément très pratique,
  • Mais surtout : les routes péruviennes sont extrêmement dangereuses pour quelqu’un qui ne les connaît pas ! En dehors des grands axes, la qualité des routes est très variable et la signalisation pas toujours au rendez-vous… Sans compter le style de conduite péruvien, qui ne semble obéir à aucune règle précise vu de l’extérieur et les embouteillages qui en découlent… On ne recommande vraiment pas !
Le bus

Pour nous, le moyen idéal de voyager au Pérou ! Si les trajets sont plutôt longs, les compagnies touristiques proposent de voyager dans des conditions confortables qui vous permettent d’apprécier sereinement les paysages et d’optimiser certaines portions de trajets en voyageant de nuit. De nombreuses compagnies locales proposent également les trajets pour des prix bien inférieurs, mais les conditions de confort ne sont pas les mêmes !

Nous avons donc choisi de voyager avec Peru Hop, une compagnie irlandaise qui propose un fonctionnement hop-on / hop-off : des bus traversent le Pérou à fréquence régulière, on prend son premier bus jusqu’à l’escale qui nous convient et on décide ensuite de la date du prochain bus que l’on souhaite prendre… Très bien pour un voyage en semi-mesure ! Pour 228 USD par personne, nous avons donc pu voyager de Lima à La Paz en faisant escale dans huit villes (voir notre itinéraire ci-dessous).

Les plus

Les nombreuses étapes prévues dans le parcours permettent de découvrir toute la variété des paysages péruviens, des côtes désertiques au lac Titicaca en passant par la jungle de Cuzco et les volcans d’Arequipa…

Le tout dans des bus confortables, en toute sécurité et avec une disponibilité constante des équipes, toujours prêtes à rendre service.

Le billet inclut par ailleurs diverses excursions tout au long du trajet et permet d’obtenir des tarifs sur d’autres, ainsi que sur certains restaurants et hébergements. Les trajets entre les hôtels et les points de départ des bus sont la plupart du temps organisés et inclus dans le prix du billet.

Pour les trajets de nuit, des bus à deux étages sont mis à disposition : soyez en avance pour vous installer en bas, les sièges y sont nettement plus confortables et vous n’aurez pas de mal à y passer une bonne nuit (premier arrivé : premier servi) !

Enfin, Peru Hop a créé une compagnie binationale : si vous souhaitez passer en Bolivie après votre périple au Pérou, un bus de Bolivia Hop vous attendra à la frontière avec une équipe qui supervise le passage aux douanes pour éviter les mauvaises surprises… Très pratique !

Les moins

Si vous voulez sortir des sentiers battus touristiques (ce qui n’est pas toujours simple au Pérou), il vous faudra organiser vos excursions par vous-mêmes. Celles prévues par Peru Hop se concentrent sur les principaux sites touristiques… Ce qui ne vous empêche pas de choisir vous-mêmes votre programme une fois descendus du bus !

Quelques infos utiles en fauteuil :
 

Les bus de Peru Hop ne sont pas accessibles. Ce sont des bus classiques, à deux étages pour les trajets de nuit et à un seul étage (donc avec plusieurs marches) pour les bus de jour. Nous voulions quand même essayer !

Il est certain que ces bus ne seraient pas praticables en fauteuil électrique, mais en fauteuil manuel :

  • Nous sommes aidés par l’ensemble des accompagnateurs / chauffeurs de bus que nous avons sur la route, qui sont informés de notre itinéraire après notre première montée à bord à Lima et portent Pierre jusqu’à son siège à chaque étape, y compris pour les arrêts de courte durée (repas, points de vue, visites…), sans même que nous ayons à demander,
  • Le fauteuil est rangé en soute, démonté, et il est traité avec beaucoup de soin,
  • Lorsque les bus sont à deux étages, deux places nous sont systématiquement réservées au premier (avec les sièges confortables) pour simplifier la montée à bord… Du grand luxe !
Notre itinéraire

Nous voulions découvrir les différents paysages du Pérou mais avons malheureusement dû choisir nos destinations, manquant de temps pour tout faire. Nous nous faisons donc l’impasse sur l’Amazonie et nous concentrons sur la partie Sud du pays, qui a déjà beaucoup à offrir.

Jours 1 à 3 : Lima
Jour 4 : Paracas
Jour 5 : Huacachina
Jour 6 : Nazca
Jours 7 et 8 : Arequipa et le canyon de Colca
Jours 10 à 13 : Cuzco et ses environs (à découvrir dans notre prochain article)
Jour 14 : le lac Titicaca (à découvrir dans notre prochain article)

1ère étape (3 jours, 4 nuits) : Lima, ville de contrastes

Née en 1535, Lima est un patchwork architectural et culturel plein d’histoire, marqué par des destructions / reconstructions successives (guerres, tremblements de terre…). Dans les rues bondées de cette capitale se côtoient ruines Incas, maisons coloniales, grandes avenues modernes et ruelles étroites et colorées.

Nous y passons trois jours, le temps de nous remettre du décalage horaire. Selon nous, deux jours sont largement suffisants pour avoir le temps de visiter la ville… Depuis que nous sommes au Pérou, nous trouvons difficile de sortir des sentiers battus. C’est particulièrement le cas à Lima, dont certaines zones sont fortement déconseillées aux touristes (voire aux locaux) pour des raisons de sécurité. Les possibilités de visites se concentrent donc sur quelques quartiers emblématiques : le centre historique, Miraflores, Barranco et San Isidro.

Infos pratiques

Comment se déplacer ?

L’étendue de la ville (plus de 2500 km2 !) rend difficile les déplacements à pied pour passer d’un quartier à l’autre. Pour vous déplacer, vous pouvez choisir de prendre des bus, des collectivos (vans collectifs qui vous déposent où vous le souhaitez tant que votre destination est sur leur itinéraire), des taxis (officiels de préférence, tout le monde peut être taxi à Lima mais certains peuvent profiter de touristes en manque de repères)… Ou des chauffeurs privés ! Quel que soit le moyen de transport, prévoyez large : comme dans toutes les grandes villes du Pérou, le trafic est infernal à Lima ! Vous pouvez passer deux à trois fois plus de temps que prévu à faire un trajet en fonction de l’heure et de la destination…

Nous optons pour des déplacements à pied pour visiter San Isidro et Miraflores et faisons appel à un guide / chauffeur pour visiter Centro et Barranco, plus éloignés de notre hôtel. Pour 60 Soles de l’heure (soit environ 16€ ; prévoir 3 heures pour chaque quartier), Fernando nous fait découvrir la ville et son histoire dans un anglais parfait… Un contact idéal si vous passez quelques jours à Lima (Fernando Gonzalez : Mail – fergonzalesvotober815@gmail.com ; Whatsapp – +51 999 750 144) !

Où dormir ?

De nombreux hébergements sont possibles dans les quartiers principaux de Lima, notamment à Miraflores qui est certainement le plus vivant… Et le plus connu lorsqu’il s’agit de trouver des hôtels pour backpackers ou touristes en tous genres.

Nous séjournons de notre côté au Pullman San Isidro, un hôtel haut de gamme avec une clientèle majoritairement business mais qui a tous les atouts pour satisfaire des touristes en vadrouille : une équipe accueillante et disponible, un petit déjeuner copieux et varié et un excellent Pisco Sour (le cocktail national, à base de Pisco et de jus de citron) !

On recommande

Le quartier Centro ne nous laissant pas un souvenir impérissable, on vous fait plutôt partager nos expériences préférées ! Sachez que nous ne sommes pas très musées et préférons de très loin les expériences en extérieur ou de vie locale… Ne vous étonnez pas de ne pas voir beaucoup de recommandations sur ceux-ci dans nos articles, même si nous sommes certains que beaucoup sont passionnants ! Le Musée Larco à Lima serait par exemple un incontournable pour les amateurs…

1. Déambuler dans les ruelles colorées de Barranco (1/2 journée)

 Dans ce quartier de la ville, chaque maison a sa couleur… Et l’ensemble est incroyablement harmonieux ! Passez par le pont des soupirs pour faire un vœu et arrêtez-vous pour déguster un cocktail et éventuellement l’un des nombreux plats typiquement péruviens chez Isolina.

2. Longer la corniche de Miraflores vers le Nord à partir du Parque del Amor (2 heures)

 A l’aplomb du Parque Kennedy et Inspiré du Parque Güell de Gaudi à Barcelone, le Parque del Amor est un endroit idéal pour admirer les surfeurs en contrebas et le ballet des parapentes multicolores qui se lancent de la falaise. Tout au long de la corniche, les parcs se succèdent et offrent une vue splendide sur le Pacifique et les îles Palomino lorsque le ciel est dégagé.

3. Faire une excursion dans le parc national des îles Palomino (3/4 journée)

Au départ de Callao, prenez un bateau pour aller à la rencontre de la faune et la flore de la réserve naturelle Palomino. Avec Mar Adentro Excursiones, profitez d’une excursion de 3 heures au départ de Callao pour aller nager avec les colonies d’otaries (on en recense 8000) qui peuplent les îles (50 USD par personne). Profitez-en pour découvrir la pointe de Callao (et seulement la pointe, le reste du village n’étant pas très hospitalier) pour une promenade colorée en bord de mer.

NB : les bateaux ne sont absolument pas accessibles en fauteuil. Les guides transportent Pierre à bord pendant que son fauteuil l’attend au port. Lorsque l’on descend nager avec les otaries, Jerson (notre guide) et un passager nous aident à descendre. A la remontée, il porte Pierre sur son dos en gravissant l’échelle… Pas accessible, mais rendu possible malgré tout grâce à la bonne volonté de certains…

4. Découvrir les trésors cachés de San Isidro (1/2 journée)

Au cœur de ce quartier où se côtoient ambassades, immeubles de bureaux et boutiques de luxe, découvrez entre deux bâtiments les ruines de Huaca Pucllana (ouverture de 9:00 à 17:00 du mercredi au lundi. Tarif : 15 Soles). Traversez ensuite le Parque da Oliveira, une oliveraie au cœur de la ville, et dégustez un excellent ceviche accompagné d’un Pisco Sour sur la terrasse du Barra Lima

 Nous quittons Lima le matin pour prendre le bus en direction du Sud, sur la Panamericana. Notre prochaine étape : Paracas (6 heures de route environ).

Deuxième étape (2 jours, 1 nuit) : les falaises de Paracas

A un peu moins de 300 km au sud de Lima, le port de Paracas marque l’entrée de la réserve naturelle du même nom. Elle se compose au large des Islas Ballestas, peuplées d’otaries et de flamands roses, et sur terre d’une immense étendue désertique dont les dunes viennent se jeter dans l’océan.

Infos pratiques

Où dormir ?

L’avenue principale qui traverse cette minuscule agglomération est composée à 80% d’hôtels. Nous choisissons l’hôtel Arena Hospedaje, simple mais confortable et accueillant. Compter 50€ par nuit pour deux personnes, petit déjeuner inclus.

En fauteuil : si notre chambre est en rez-de-chaussée, la rampe d’accès à l’hôtel est parfaitement impraticable sans l’aide d’une tierce personne du fait de son inclinaison. La salle de bains, elle, n’est absolument pas accessible (porte trop étroite avec une marche à l’entrée, espace restreint, bac de douche fermé à moitié par une paroi en verre). Qu’à cela ne tienne, on improvise : on enlève une roue du fauteuil pour passer la porte, monte la marche sur trois roues avant de remettre la quatrième. Le propriétaire nous prête des chaises de jardin pour installer dans la douche… Pas idéal, mais à deux on s’en sort !

Où manger ?

Pour le déjeuner, profitez d’une vue panoramique sur le port en dégustant un ceviche et une Cusqueña (l’une des bières péruviennes) au Restaurant Paracas. Le soir, installez-vous sur la promenade au Rustikarreta pour apprécier des poissons ou fruits de mer frais grillés sous vos yeux en admirant le coucher du soleil.

On recommande

1. Explorer la réserve naturelle côté terre à vélo (1/2 à 1 journée)

Il est possible de réserver des excursions dans le village de Paracas, notamment en bus ou en quad. Nous participons pour notre part à une excursion d’une heure en bus incluse dans notre billet Peru Hop.

L’avantage : nous voyons les principaux points de vue de la réserve, à savoir La Catedral, Istmo de la Peninsula, et la Playa Roja.

L’inconvénient : pas assez actif pour nous ! Descendre du bus toutes les 15 minutes pour aller voir un nouveau point de vue nous laisse un peu sur notre faim malgré des paysages à couper le souffle : on est un peu jaloux des cyclistes que l’on croise sur la route !

Renseignements pris, il est assez simple de louer des vélos dans Paracas, dans les hôtels ou via des agences dédiées. Depuis Paracas, le trajet passant par ces trois points de vue ne fait que 33 km : tout à fait faisable sur une demie journée malgré l’état de la route si vous disposez d’un bon VTT ! Si c’était à refaire…

2. Admirer le coucher de soleil sur les montagnes et la mer depuis le port

Des couleurs à couper le souffle !

3. Faire une excursion aux Islas Ballestas pour en observer la faune (2 heures)

Seulement si vous n’avez pas fait l’excursion aux îles Palomino près de Lima : les Islas Ballestas comptent moins d’otaries que les ces dernières et vous n’aurez ici pas la possibilité de descendre du bateau pour aller nager… A choisir, on vous conseille donc plutôt la première option ! Si vous décidez de le faire, le tour vous coûtera environ 75 Soles (20€).

Retour dans le bus pour environ 3 heures : cap au Sud-Est !

Troisième étape (2 jours, 1 nuit) : dans les dunes de Huacachina

Aux pieds des premières dunes du désert d’Atacama près d’Ica, on aperçoit une tâche verte qui fourmille d’activité : nous sommes à Huacachina ! Autour de cette oasis aux eaux émeraude s’est construit un village, bien trop touristique pour être agréable à vivre selon nous… Seul moyen d’en profiter : se lever tôt ! Beaucoup de touristes sont ici pour faire la fête, l’oasis est donc d’un calme olympien jusqu’à 10h30 environ…

Infos pratiques

Où dormir ?

Ici encore, la ville ne compte presque que des hôtels… Vous aurez donc le choix ! Autant que faire se peut, nous vous recommandons de choisir un hôtel dont la terrasse donne sur l’oasis, la vue vaut le détour ! C’est le cas de l’hôtel Sand and Lake dans lequel nous séjournons (50€ par nuit pour deux personnes, petit déjeuner inclus).

Comme la veille, notre hôtel n’est pas accessible… On commence à être un peu courbaturés à force de franchir des obstacles, mais aussi de plus en plus rodés aux solutions de contournement…

Où manger ?

L’avantage de Huacachina, c’est que chaque hôtel a son propre restaurant… Et l’inconvénient est qu’ils ont tendance à tous se ressembler pour attirer les foules… Nous avons trouvé un excellent petit-déjeuner au Huacafuckingchina, le restaurant de notre hôtel, où un délicieux Lomo Saltado (plat traditionnel péruvien) et un jus d’ananas pressé accompagnent les plus classiques œufs brouillés.

Moyens de paiement

Attention, il n’y a pas de distributeur à Huacachina ! Si la plupart des restaurants acceptent les cartes bancaires (Visa et Mastercard), certains tour operators préfèrent les paiements en liquide… Pensez à retirer avant d’arriver dans la ville !

On recommande

1. Admirer le coucher de soleil sur les dunes (2 heures)

Depuis la dune principale si vous avez le courage de la monter à pied… Prévoyez de partir en avance ! Ou à l’occasion d’une excursion en buggy : un tour collectif vous coûtera 45 Soles par personne (véhicules de 8 à 10 personnes), un privatif environ 130 pour 2. Nous vous recommandons vivement la seconde option qui vous permettra de limiter l’impression de faire du tourisme de masse… Même si le nombre de buggys circulant dans les dunes autour de vous ne laissera que peu de doute sur le sujet ! Le spectacle reste néanmoins exceptionnel et les sensations fortes sont garanties à bord !

2. Tester vos talents de sandboarder

A mi-chemin entre le skate et le snowboard en termes de taille, le sandboard permet de réaliser des descentes plus ou moins spectaculaires à flanc de dunes. A plat ventre, assis ou debout si vous vous en sentez capable, toutes les techniques sont bonnes pour passer un excellent moment, à la fois original et ludique (inclus dans les tours en buggy, collectifs comme privatifs) !

3. Profiter de la vue sur l’oasis lors d’un petit-déjeuner matinal

On vous a déjà tout dit plus haut : ne manquez pas ce moment !

Notre bus part à 12h de Huacachina pour arriver sur le plateau de Nazca à 17h30, juste avant le coucher du soleil…

Quatrième étape (1 jour, 1 nuit) : au-dessus des lignes Nazca

Les géoglyphes de Nazca sont d’immenses formes gravées dans le sol rocailleux du plateau du même nom. Classés au patrimoine de l’UNESCO, ils représentent des animaux, des humains ou de simples formes géométriques. La manière dont ils ont été réalisés reste aujourd’hui encore un mystère…

La ville de Nazca en elle-même ne présente pas un grand intérêt, si ce n’est d’être un bon camp de base pour aller observer ces fameuses lignes, soit depuis l’une des deux tours d’observation construites sur le plateau, soit en les survolant !

Infos pratiques

Où dormir ?

Après deux nuits dans des hôtels absolument pas accessibles, nous prenons le pari de viser une catégorie légèrement supérieure pour nous reposer un peu… Nous choisissons de loger au Casa Andina, une chaîne d’hôtels péruvienne très confortable mais qui reste abordable pour des européens bien qu’un peu chère pour le Pérou… Compter environ 95€ par nuit pour deux personnes, petit déjeuner inclus.

Pour l’accessibilité de la salle de bains, on repassera finalement… Mais au moins il n’y a pas de marche pour y entrer, c’est déjà partiellement reposant !

Où manger ?

Dans la rue principale de Nazca se succèdent différents restaurants. On vous conseille de bien choisir ce que vous y dégustez ! A éviter notamment : les fruits de mer sous toutes leurs formes… Nazca commençant à être éloigné de la côte, ils risquent de ne pas être de la première fraîcheur ! Si vous ne risquez rien avec des poissons de rivière (n’hésitez donc pas une seconde à déguster un ceviche), évitez les produits qui viennent nécessairement de la mer (exemple : le chicharron de crevette, friture traditionnelle péruvienne proposée dans presque tous les restaurants).

Nous mangeons un excellent dîner pour un prix très raisonnable (25€ pour deux) au restaurant La Encantada sur la rue principale.

On recommande

Les deux tours d’observation sur le plateau de Nazca donnent un premier aperçu de ce à quoi peuvent ressembler les lignes tracées au sol. Selon nous, elles présentent néanmoins deux inconvénients majeurs :

1.  Elles ne sont pas accessibles du tout (seuls des escaliers permettent d’arriver au sommet),

2. Elles ne permettent de voir qu’une minuscule portion de ces incroyables réalisations : à la fois parce qu’on ne peut y voir que quelques géoglyphes, mais aussi parce que leur hauteur ne permet pas de bien se rendre compte de ce que cela représente.

Pour apprécier au mieux les lignes Nazca, nous vous recommandons donc très fortement de prendre l’un des vols à bord d’un coucou proposé par différentes compagnies au départ de l’aérodrome de Nazca (35 minutes environ, compter la demie journée le temps d’aller à l’aérodrome et d’en revenir) ! Nous choisissons AeroNasca qui nous emmène survoler l’intégralité du plateau et sa quinzaine de géoglyphes pour 80 USD (72€) par personne (des taxes sont également demandées à l’aéroport à hauteur de 15 soles par personne, soit 4€ environ). Le prix inclut le trajet aller et retour entre l’hôtel et l’aérodrome. Honnêtement, ça en vaut la peine !

Attention : le vol se fait à bord d’avions de très petite taille (on y entre à 6, pilote et copilote compris)… Les vents soufflent fort sur le plateau et les pilotes permettent à leurs passagers assis à droite et à gauche de voir chacune des formes, ce qui implique un bon nombre de virages assez impressionnants… Bref, ça secoue ! Si vous avez peur en avion, on vous recommande donc d’éviter… Et quelle que soit votre résistance au mal des transports : surtout, prenez votre vol le ventre vide ! D’habitude plutôt résistants, on est sorti un peu verdâtre de la cabine malgré cette recommandation qu’on a été plus qu’heureux de suivre…

En fauteuil : comme depuis le début de notre parcours, les pilotes ont proposé de porter Pierre pour l’installer à bord de l’appareil sans même que l’on ait à poser la question…). L’aérodrome est lui 100% accessible, toilettes comprises.

On saute à nouveau dans le bus pour une étape de nuit cette fois-ci : départ à 19h, arrivée prévue à 5h30 à Arequipa !

Cinquième étape (2 jours, 2 nuits) : Arequipa et le canyon de Colca

Deuxième ville du Pérou en nombre d’habitants, Arequipa est surtout une pépite architecturale et une ville dans laquelle on a envie de rester quelques jours ! Surnommée la ville blanche du fait de ses bâtiments en Sillar, la pierre utilisée pour la construire, elle regorge de magnifiques monuments, de cafés / restaurants accueillants et de ruelles pleines de charme. Située à 2300 mètres d’altitude, Arequipa est entourée de volcans (dont un encore en activité) et sera notre première étape montagnarde avant de poursuivre notre ascension vers Cuzco (3400m), le lac Titicaca (3800m), la Paz (3600m) et enfin Potosi, notre point culminant (4100m). La ville est par ailleurs connue pour sa gastronomie, supposée être l’une des plus exceptionnelles du pays !

Infos pratiques

Où dormir ?

Nous choisissons l’hôtel Solar de Arequipa pour sa localisation idéale à deux rues de la Plaza de Armas. L’hôtel est confortable et dispose de chambres au rez-de-chaussée (même si la salle de bains n’est toujours pas accessible, on commence à avoir l’habitude). Nous payons 65€ par nuit pour deux personnes, petit-déjeuner inclus.

Où manger ?

La région d’Arequipa est connue pour ses Picanterias, restaurants qui proposent des spécialités locales, souvent bien épicées.

Conséquences d’un chicharron de crevette dégusté à Nazca (on vous avait bien dit qu’il valait mieux éviter), notre estomac est franchement en mauvais état pendant notre séjour à Arequipa… Nous n’en profitons donc que moyennement !

Nous prenons en revanche un excellent petit-déjeuner à La Despensa en face du couvent Santa Catalina.

Pour dîner, nous décidons de nous faire plaisir et essayons le restaurant Chicha créé par Gastón Acurio, l’un des chefs les plus réputés du pays. Sa chaîne Chicha est présente dans différentes villes et chaque établissement propose une cuisine inspirée des produits et traditions locales. Nous y dégustons notamment de l’alpaga, du cochon d’inde (un plat traditionnel au Pérou) et de délicieux cocktails à base de Pisco. Bien que cela semble cher au vu des prix péruviens habituels, nous nous en sortons pour 50€ à deux en dégustant une entrée, deux plats et nos boissons respectives… Une adresse bistronomique à ne pas manquer !

On recommande

1. Flâner dans les ruelles du centre d’Arequipa (1/2 journée)

Ne manquez pas la Plaza de Armas et sa cathédrale, l’église la Compañia et le marché San Camilo, à quelques rues de là. Repos oblige, nous manquons le musée Santuarios Andinos que nous avions très envie de faire et dans lequel on peut observer des momies d’enfants sacrifiés par les Incas…

2. Visiter le monastère de Santa Catalina (2 à 3h)

Avec ses murs de couleur vive, ce monastère a été l’un de nos coups de cœur à Arequipa ! Fondé en 1579, c’est un véritable village dans la ville ! Vous pouvez vous perdre pendant plusieurs heures dans l’une des ruelles de ce bâtiment de 20 000 m2, un moment magique ! L’entrée vous coûtera 40 Soles par personne (environ 11€). N’hésitez pas à prendre un guide qui vous permettra de mieux comprendre son histoire pendant une visite d’une heure environ (20 Soles par groupe) : les guides officiels vous attendent à l’intérieur près l’achat des tickets.

3. Faire une excursion au canyon de Colca (1 journée)

 A quatre heures de voiture d’Arequipa, le canyon de Colca est le deuxième plus profond du monde ! Il est facile de réserver des excursions et des treks dans les rues d’Arequipa. Une excursion d’une journée coûte environ 90 Soles (25€), auxquels s’ajoutent les taxes d’entrée dans la réserve (70 Soles pour les étrangers).

A défaut de pouvoir faire les treks sur deux jours (réputés pour être difficiles et donc non accessibles), nous choisissons une excursion d’une journée. Départ à 3 heures du matin d’Arequipa ! Objectif : arriver suffisamment tôt sur site pour observer le réveil des condors. Nous sommes complètement conquis par cette journée où nous en prenons plein les yeux entre les condors, les incroyables terrasses agricoles de la vallée de Colca et un arrêt à 5000 mètres d’altitude pour observer les volcans… Même si, comme à chaque fois, les trajets en minibus avec arrêt à chaque point de vue nous laisse un peu sur notre faim…

Et pour finir : l’accessibilité au Pérou… On en pense quoi ?

Nous ne savions pas à quoi nous attendre en terme d’accessibilité au Pérou et nous sommes plutôt agréablement surpris… Dans les grandes villes et en ce qui concerne les lieux publics en tout cas !

A Lima, les lieux historiques comme les restaurants disposent majoritairement de rampes à l’entrée, d’ascenseurs / élévateurs à l’intérieur pour accéder aux étages lorsqu’il y en a… Et de toilettes aménagées ! Les trottoirs sont quasi-systématiquement abaissés aux passages piétons… Bref, une ville plutôt accessible malgré un certain dénivelé !

Dans une moindre mesure, Arequipa permet de se déplacer plutôt facilement grâce à ces mêmes trottoirs (attention, Arequipa est dans les montagnes : les rues sont plus pentues), mais les bâtiments ont souvent des marches à l’entrée. C’est le cas de tous les restaurants dans lesquels nous avons mangé et du couvent Santa Catalina notamment (à noter : dans le cadre de l’un de leurs tours, Accessible Travel Peru propose de le visiter en joëlette). Quelques bâtiments comme l’église La Compañia disposent de rampes à l’entrée, mais elles ne sont pas systématiques…

Dans les villes de plus petite taille en revanche, l’accessibilité reste très aléatoire. Si des rampes sont parfois présentes (notamment dans les hôtels) lorsque les bâtiments ont plusieurs marches à l’entrée, elles sont souvent impraticables sans aide extérieure car trop pentues…

Enfin, toutes catégories confondues : dans les hôtels, il est rare de trouver une salle de bains accessible comme l’entendent les normes européennes. Dans les hôtels de catégorie supérieure, il est possible de trouver des salles de bains suffisamment spacieuses pour être confortables, voire intégralement accessibles à quelques rares occasions ; un bac de douche avec une marche est en revanche quasi-incontournable. Dans les autres hôtels, une chambre au rez-de-chaussée peut suffire à déclarer la chambre et sa salle de bains accessibles, ce qui n’exclut pas pour cette dernière une porte d’accès trop étroite, une marche pour entrer dans la pièce ou un bac de douche fermé par des portes en verre… Bref, il faut être créatif !

Nous renseignons les détails d’accessibilité des lieux que nous traversons (restaurants / hébergements / sites touristiques) dans les applications de nos partenaires : Jaccede.com et Handiplanet, n’hésitez pas à aller les consulter !

Au-delà des infrastructures, nous sommes marqués par la volonté des personnes que nous rencontrons de nous aider en toutes circonstances. La première question n’est pas « est-ce possible », mais « comment voulez-vous qu’on vous aide à le faire » ? Pas de réticence, pas d’intrusion : un simple questionnement pratique pour nous permettre de faire un maximum de choses le plus simplement du monde, quitte à y mettre quelques efforts collectifs… Nous en sommes très reconnaissants !

Dans notre prochain article…

Nous quittons Arequipa à 5h du matin pour une journée de bus : direction Cuzco ! Au programme : un voyage en train au cœur de la jungle, l’ascension du Machu Picchu, l’exploration de la Vallée Sacrée et une visite de cette magnifique ville… On vous raconte tout ça dans notre prochain article !