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12 décembre 2019

Santiago et Valparaiso : un retour en ville mouvemente…

Temps de lecture : 7 minutes

Nous voici à Santiago, la capitale chilienne, dans laquelle nous prévoyons de passer deux jours avant de filer à Valparaíso pour profiter un peu des vagues du Pacifique… Un séjour un  peu particulier pour plusieurs raisons !

D’abord, le retour à une ville de cette taille là nous fait un choc auquel on a du mal à s’habituer… Même en ayant fait étape à Salta et Mendoza dans les semaines précédentes (voir notre article sur le Nord-Ouest argentin, nous avons surtout traversé des immensités désertiques sur des routes où l’on ne croisait personne… Et profité du calme et du plein air ! Retrouver des 4 voies et des rues bondées et bruyantes ne fait donc pas particulièrement partie de nos ambitions du moment…

Ensuite, parce que nous arrivons à peu près au moment où le pays commence à s’embraser… Nous sommes donc les témoins du début des violences les plus significatives depuis la fin de la dictature de Pinochet : une intensité impressionnante ! Nous avons la chance de passer « entre les gouttes » en quittant ces deux villes rapidement pour nous envoler vers l’Ile de Pâques… Mais cela ne nous empêche pas de nous retrouver coincés en voiture dans les premières manifestations à Santiago, entre barricades en feu, canons à eau et jets de pierres sur les militaires… Un moment de sérénité plutôt moyenne, on l’admet (surtout pour moi, qui me demande comment Pierre va descendre de la voiture s’il nous arrive quelque chose… On n’y pense pas finalement ! D’ailleurs, Pierre, lui, n’y pense pas : il n’a pas bien l’air de bien comprendre mon hystérie du moment…) !

Bref, une expérience en demi-teinte aggravée par le couvre-feu qui s’ensuit… Elle ne nous laissera pas un souvenir impérissable, bien que nous soyons sûrs que Santiago est une ville très agréable à vivre en temps normal !

Pour ne pas vous laisser complètement bredouilles sur ce séjour que l’on appellera volontiers « mauvais endroit au mauvais moment », voici quand même quelques infos pratiques et recommandations basées sur ce que nous avons pu voir…

Infos pratiques
Où dormir ?

A Santiago 

Nous apprenons quelques semaines après notre départ – avec une grande tristesse pour son équipe -que le Mercure Santiago Centro dans lequel nous séjournons a été incendié par des manifestants le lendemain de notre départ de la ville…

Dans une gamme différente, nous dormons également à l’Ibis Estación Central, qui a l’avantage d’être complètement accessible et de se situer en face de la gare routière de Santiago : pratique quand on a un bus à prendre !

A Valparaíso

On ne change pas une équipe qui gagne… Nous choisissons également un Ibis pour notre séjour à Valparaíso ! Comme son voisin de Santiago, il est complètement accessible et dispose d’un parking, ce qui est pratique quand on arrive en voiture… Il se situe dans la partie basse de la ville, au pied du Cerro Concepción.

Où manger ?

Nous avons le temps de tester quelques restaurants et bars avant que les choses ne se corsent… Voici une sélection de nos préférés :

A Santiago

  • Le Jardín Mallinkrodt pour son ambiance décontractée et son choix de foodtrucks dont on déguste les plats en terrasse,
  • La República Independiente del Pisco, pour son choix de cocktails (tous à base de Pisco bien sûr) et sa carte péruano-chilienne qui contient notamment d’excellents Ceviches !
  • Le bar Bravo 591, pour son choix de bières, son cadre coloré et son ambiance !

A Valparaíso

On a été plutôt déçus par les restaurants de Valparaíso, plutôt très chers et d’une qualité variable (pour nous qui n’aimons pas nos fruits de mer recouverts de fromage fondu en tout cas…).

Nous apprécions en revanche un déjeuner au Fauna, un hôtel / restaurant dont la terrasse offre une vue imprenable sur le Cerro Concepción et ses bâtiments aux murs peints (il y a une dizaine de marches pour y accéder, mais leur équipe nous aide volontiers à les monter…).

On recommande
A Santiago

1. Découvrir la ville avec un Free Tour !

C’est l’idéal pour en apprendre plus sur l’histoire du pays, des bâtiments, l’architecture… Ils durent entre 2 et 3 heures et sont faits par des guides locaux, en anglais ou en espagnol en fonction des organismes.

2. Flâner dans les rues de Bellavista

Un quartier agréable pour ses bars et restaurants et son street-art !

3. Faire un tour au musée de la Mémoire et des Droits de l’Homme

Une visite poignante qui retrace l’histoire de la dictature et la vie des chiliens à cette époque… A faire (entrée libre) !

A Valparaiso

1. Se promener dans les ruelles des Cerros Concepción et Alegre

Les deux plus beaux de la ville selon nous ! Si le « centre » (la partie basse de la ville) ne nous émeut pas outre-mesure, nous avons adoré flâner dans les ruelles recouvertes de fresques colorées de ces « Cerros », les collines sur lesquelles est bâtie la ville.

Pour s’y rendre, rien de plus simple ! Les plus courageux emprunteront les rues bien en pente… Les autres peuvent facilement prendre l’un des funiculaires (accessibles et gratuits pour les PMR) pour la modique somme de 300 CLP (soit 0,50€ quand nous y étions, mais la crise sociale a fortement impacté le taux de change en notre « faveur » depuis)…

En fauteuil

Si les funiculaires sont accessibles, la circulation sur les collines n’est pas simple ! Entre pavés et pentes conséquentes, mieux vaut avoir de bonnes roues et de bon bras ou une assistance électrique… Sans compter que les bars / restaurants / hôtels perchés sur les cerros doivent s’adapter au relief : il n’est donc pas rare qu’on y trouve de nombreuses marches… Des quartiers un peu compliqués donc, qu’il vaut mieux visiter accompagné !

2. Se jeter dans les vagues en surf

Les vagues sont belles à cet endroit du Pacifique et la côte est recouverte de stations balnéaires… Si l’architecture n’est pas vraiment à notre goût, l’endroit est parfait pour profiter des vagues… Et apprendre à surfer !

Nous choisissons de prendre un cours avec Chile Extremo : deux heures dans les vagues avec deux profs particuliers (un chacun) pour 22 000 CLP par personne… Un bonheur !

En fauteuil

Extremo Chile ne dispose pas de planche adaptée ou de dispositif spécial pour les personnes en situation de handicap… Néanmoins :

  • Leurs locaux sont « relativement » accessibles : une rampe mène à une grande terrasse en bois sur laquelle se situent les vestiaires (les cabines sont un peu petites pour y entrer en fauteuil), les planches et l’accueil,
  • Une fois sur la terrasse, une marche puis une rampe mènent à la plage en sable dur : ils sont là pour nous aider et tout se passe au mieux jusqu’au bord de l’eau !
  • Pour un premier essai, ils choisissent pour Pierre une planche large et stable. Assis dessus et avec l’impulsion d’un des deux moniteurs, il n’y a plus qu’à se laisser glisser dans les vagues, au plus proche de l’eau.

Si nous devons retenir une chose, c’est que cette école et ses moniteurs ne connaissent pas grand chose au handicap… Et tant mieux ! Malgré (ou grâce à) cela, ils sont tellement à l’écoute et disponibles que tout se passe pour le mieux ! Une expérience incroyable pour nous deux, avec un degré de kiffe similaire : comme quoi, pas besoin de grand chose…

Dans notre prochain article

Nous quittons le Chili en crise… Sans complètement le quitter ! A 3 700 kilomètres des côtes chiliennes, l’Ile de Pâques (ou Rapa Nui) est un paradis perdu au milieu du Pacifique. Ici, pas de violences malgré quelques manifestations : la magie du lieu appelle au calme. Un moment complètement hors du temps, 5 jours de parfait bonheur à la découverte des mystères de cette île aux multiples facettes…